Allemagne: scandale après une coalition des conservateurs avec l’extrême droite en Thuringe

À la surprise générale, le Parlement de Thuringe, dans l’est de l’Allemagne, a élu mercredi un nouveau président de région grâce à une coalition notamment composée de voix des élus de la CDU, parti d’Angela Merkel, et de l’extrême droite.

L’affaire suscite un tollé dans le pays. Pour la première fois, un président de région allemande, la Thuringe, a été élu mercredi 5 février grâce aux voix de l’extrême droite, faisant tomber un tabou politique dans l’histoire d’après-guerre du pays.
« Une journée noire en Thuringe »

Le parti conservateur allemand d’Angela Merkel, la CDU, a appelé mercredi à de nouvelles élections après que ses élus locaux ont mêlé leurs voix à celles de l’extrême droite pour désigner le futur chef du gouvernement régional.

« Le mieux pour la Thuringe serait de nouvelles élections », a déclaré le secrétaire général de l’Union chrétienne-démocrate, Paul Ziemiak, après cette élection.

Il a parlé d' »une journée noire pour la Thuringe », en rappelant que le parti de la chancelière avait pour principe d’exclure toute alliance ou coopération avec celui d’extrême droite, Alternative pour l’Allemagne (AfD), tant au niveau national que régional.

« Il est du coup d’autant plus grave de voir que des élus CDU ont assumé le fait qu’une élection puisse se faire avec des nazis », s’est-il emporté. Il a accusé l’antenne locale de son parti en Thuringe d’avoir « enfreint » les règles édictées au plan national.

Un vote historique depuis l’après-guerre

C’est la première fois dans l’Histoire allemande d’après-guerre qu’un chef de gouvernement régional est ainsi élu grâce aux voix de l’extrême droite et la première fois aussi que les droites modérée et radicale votent de concert dans ce type d’élection.

Cette élection est intervenue après des mois de tractations infructueuses au plan local pour tenter de former une coalition majoritaire après un scrutin régional à l’automne.

Ce dernier avait été marqué par la victoire in extremis de la gauche radicale mais également une poussée de l’AfD, avec qui aucun parti officiellement ne veut gouverner, rendant impossible la construction d’une majorité.

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