Les gouvernements européens interviennent pour payer les salaires

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    Émis le: 25/03/2020 – 16: 11Modifié: 25/03/2020 – 16:29

    Des dizaines de millions d’emplois sont désormais menacés par la pandémie de coronavirus, des industries entières étant fermées pour empêcher la propagation du virus. Les gouvernements européens dépensent des milliards de dollars en subventions salariales dans un effort désespéré pour sauver des emplois et amortir le coup économique.

    Une flambée du chômage est une triple menace pour l’économie d’un pays: les dépenses de consommation et les recettes fiscales baissent, tandis que les charges sociales montent en flèche.

    L’Organisation internationale du Travail estime que près de 25 millions d’emplois pourraient être perdus dans le monde en raison de la pandémie de coronavirus.

    Les gouvernements à travers l’Europe utilisent l’argent public pour tenter de garantir des emplois pendant la crise en payant ou en remboursant les entreprises qui ont vu leurs revenus se tarir. Leur objectif: garder les employés sur la liste de paie afin qu’ils puissent reprendre le travail lors de la réouverture des entreprises.

    Voici certains des plans pour aider les individus qui ont été annoncés jusqu’à présent.

    France

    Alors que le nombre de cas de virus augmentait, le gouvernement français a étendu son système de chômage partiel, ou chômage partiel.

    Lorsqu’une entreprise est contrainte de réduire ou de suspendre son travail, elle peut demander un financement public de 70% du salaire brut d’un employé, jusqu’à un maximum de 6 927 € par mois.

    Au 24 mars, 730 000 travailleurs étaient payés dans le cadre de ce régime. Le ministère des Finances a déjà réservé 8,5 milliards d’euros de financement, mais ce montant devrait augmenter.

    Les écoles et les crèches fermées, le gouvernement français accorde également des congés payés aux parents qui ne peuvent pas travailler à domicile et qui sont responsables d’enfants de moins de 16 ans.

    L’embargo hivernal annuel sur l’expulsion des locataires de propriétés résidentielles a également été prolongé jusqu’au 31 mai.

    >> La France annonce un programme d’aide de 45 milliards d’euros pour aider les entreprises à lutter contre la pandémie

    Allemagne

    Berlin a élargi son indemnité de courte durée, ou Kurzarbeitergeld, pour inclure les entreprises qui ont réduit les heures de travail en raison du coronavirus.

    Elle paie au même niveau que les allocations de chômage: jusqu’à 67% du salaire net perdu en raison d’heures plus courtes, jusqu’à un maximum de 6 700 € par mois.

    Les locataires qui ne sont pas en mesure de payer leur loyer seront protégés contre l’expulsion jusqu’au 30 septembre, bien que le loyer sera dû lorsque la situation économique s’améliorera.

    Royaume-Uni

    Le Coronavirus Job Retention Scheme verra le gouvernement britannique rembourser aux entreprises 80% des salaires bruts jusqu’à un maximum de 2 500 £ (2 714 €) par mois.

    Cela peut être antidaté au 1er mars, le système étant initialement en place pendant trois mois.

    Le ministre des Finances, Rishi Sunak, a déclaré qu’il « n’imposait aucune limite au montant de financement disponible pour le programme ».

    Irlande

    Une nouvelle subvention salariale temporaire permettra aux entreprises concernées de récupérer jusqu’à 70% des salaires du gouvernement irlandais pour maintenir les niveaux d’emploi actuels, avec un maximum de 410 € par semaine (1 777 € net par mois).

    Des dispositions spéciales ont été prises pour le secteur de la garde d’enfants, qui incluent le paiement par l’État de tous les salaires des gardiens ainsi que la participation aux autres frais de fonctionnement. L’objectif est que les parents puissent cesser de payer les frais tout en se garantissant une place à la réouverture de la crèche.

    Italie

    Dans le cadre du paquet économique adopté le 16 mars, le gouvernement du Premier ministre Giuseppe Conte a étendu une série d’amortisseurs sociaux.

    Ils comprennent le paiement de jusqu’à 80% du salaire d’un employé pour une période de neuf semaines à un maximum de 1 130 € net par mois.

    Les travailleurs indépendants ont également reçu un paiement unique de 600 €.

    Espagne

    La disposition existante pour les licenciements temporaires, connue sous le nom d’ERTE, a été étendue pour couvrir les entreprises touchées par le virus. Jusqu’à 70% des salaires seront payés, avec un maximum de 1 412 € par mois.

    Le gouvernement espagnol a également ordonné aux sociétés de services publics de maintenir les services à tous les ménages «vulnérables», même s’ils ne sont pas en mesure de payer leurs factures.

    Problèmes à venir

    Ces paquets temporaires ont un coût élevé pour le contribuable mais, s’ils réussissent, ils aideront les économies à se rétablir plus rapidement lorsque l’épidémie se retirera.

    Les économistes annoncent néanmoins une profonde récession à venir. Une étude économique clé publiée mardi par IHS Markit a montré le plus grand effondrement de l’activité commerciale de la zone euro jamais enregistré.

    Et malgré les mesures rapides prises pour consolider les économies, certains avertissent que cela pourrait ne pas être suffisant.

    Jusqu’à présent, « les efforts des responsables politiques à ce jour n’ont pas éclairci le tableau », a déclaré l’économiste en chef d’IHS Markit, Chris Williamson, dans un communiqué accompagnant les résultats de l’enquête.

    Steven Bell, de BMO Gestion mondiale d’actifs, a écrit mardi dans une mise à jour économique que les mesures gouvernementales «ne feront que porter un coup dur aux économies et aux familles».

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