Accueil France Le procès des complices de l’attentat terroriste Charlie Hebdo commence à Paris

Le procès des complices de l’attentat terroriste Charlie Hebdo commence à Paris

Publié le: 02/09/2020 – 16: 04Modifié: 02/09/2020 – 16:05

Quatorze personnes accusées d’avoir aidé des hommes armés djihadistes à prendre d’assaut l’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo et un supermarché juif ont été jugés mercredi, cinq ans après trois jours de terreur qui ont envoyé des ondes de choc à travers la France.

Les événements qui ont commencé le 7 janvier 2015 ont déclenché une série d’attaques sur le sol français, y compris des meurtres de «loups solitaires» par des personnes dites inspirées par le groupe État islamique qui ont depuis fait plus de 250 morts.

Les audiences ont commencé sous haute sécurité alors que onze des suspects ont comparu dans la salle d’audience, faisant face à des accusations de complot dans le cadre d’un acte terroriste ou d’association avec un groupe terroriste.

Trois autres, dont l’épouse de l’un des hommes armés, ont fui vers le territoire détenu par l’EI en Syrie quelques jours avant les attaques et sont jugés par contumace.

Charlie Hebdo, dont le style bouleversant les tabous en fait un phare de la liberté d’expression pour beaucoup, a marqué l’ouverture du procès en republiant les caricatures du prophète Mahomet qui avaient irrité les musulmans du monde entier.

«C’est l’essence même de l’esprit Charlie Hebdo: il refuse de renoncer à nos libertés, à nos rires et même à notre blasphème», a déclaré l’avocat du journal, Richard Malka, avant d’entrer dans la salle d’audience.

« N’ayez pas peur, ni du terrorisme, ni de la liberté. »

Quelque 150 experts et témoins seront entendus au cours des deux mois et demi à venir dans le cadre du procès qui revisitera l’un des chapitres les plus douloureux de l’histoire moderne de la France.

Les trois assaillants ont été tués par la police, mais toute suggestion selon laquelle les personnes jugées n’étaient que des joueurs mineurs a été démentie par les procureurs et les proches des victimes.

« Ces personnes ne sont pas des laquais », a déclaré Patrick Klugman, avocat de l’une des victimes, insistant sur le fait que les suspects partageaient un antisémitisme profondément ancré.

‘Juste tellement injuste’

Douze personnes, dont certains des dessinateurs les plus célèbres de France, ont été abattues le 7 janvier 2015, lorsque les frères Said et Cherif Kouachi ont pris d’assaut les bureaux du journal dans l’est de Paris.

Un jour plus tard, Amedy Coulibaly, devenue proche de Cherif Kouachi alors qu’ils étaient en prison, a tué un policier de 27 ans, Clarissa Jean-Philippe, lors d’un contrôle de la circulation à Montrouge, en dehors de Paris.

« Je veux juste savoir pourquoi ma fille a été tuée. C’est tellement injuste », a déclaré mercredi au quotidien français Libération, la mère de Clarissa, Marie-Louisa Jean-Philippe, qui témoignera au procès.

Coulibaly a ensuite tué quatre hommes, tous juifs, lors d’une prise d’otages au supermarché Hyper Cacher à Paris le 9 janvier. Il a enregistré une vidéo disant que les trois attaques étaient coordonnées et menées au nom du groupe djihadiste État islamique.

Coulibaly a été tué lorsque la police a pris d’assaut le supermarché. Les frères Kouachi ont été tués lorsque des officiers ont mené une opération presque simultanée à l’imprimerie où ils étaient enfermés au nord-est de Paris.

Armes et idéologie

Le procès était initialement prévu pour le printemps dernier, mais a été retardé par la crise des coronavirus qui a fermé la plupart des tribunaux français.

Sur les 14 suspects, trois ont échappé à l’arrestation: Hayat Boumedienne, la petite amie de Coulibaly, et deux frères, Mohamed et Mehdi Belhoucine, qui ont tous fui vers les zones contrôlées par l’EI en Syrie quelques jours avant les attaques.

Les frères Belhoucine auraient été tués alors qu’ils combattaient aux côtés de l’EI, tandis que les responsables français soupçonnent Boumedienne d’être en fuite en Syrie. Les mandats d’arrêt restent en suspens pour les trois.

Mohamed Belhoucine et Ali Riza Polat, ressortissant français d’origine turque, font face aux accusations les plus graves de complicité dans un acte terroriste, passibles d’une peine maximale de prison à vie.

Le premier serait devenu le mentor idéologique de Coulibaly après l’avoir rencontré en prison, lui ouvrant des canaux de communication avec l’EI.

Polat, considéré comme proche de Coulibaly, est soupçonné de jouer un rôle central dans la préparation des attentats, notamment en contribuant à la constitution de l’arsenal d’armes utilisées.

Compte tenu de son importance historique, le procès au palais de justice de Paris sera filmé pour les archives officielles de la France, une première pour un procès terroriste. Il est prévu de se dérouler jusqu’au 10 novembre.

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