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Un projet de loi français interdisant les images de la police inquiète les militants et les journalistes

Émis le: 17/11/2020 – 12:25

Les législateurs français commenceront mardi à débattre d’un projet de loi controversé qui propose d’interdire la publication d’images montrant des agents des forces de l’ordre. Le projet de loi a suscité de vives critiques de la part des médias et des groupes d’activistes qui disent qu’il violerait les principes de la liberté de la presse et le droit du public à être informé.

L’article 24 du projet de loi, qui a été surnommé la «guerre des images» en France, vise à «protéger ceux qui nous protègent» en interdisant à quiconque – journalistes et civils – de publier ou de diffuser des images dans lesquelles – les officiers de police ou les gendarmes peuvent être clairement identifiés pour ce que le projet de loi appelle « des fins malveillantes ».

La clause a été proposée pour la première fois par un député du parti La République en marche (LREM) du président Emmanuel Macron après que les syndicats de la police ont fait pression pour cela. Le but du projet de loi « est d’interdire tout appel à la violence ou à des représailles contre les policiers et leurs familles » dans des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, a déclaré à France Inter une autre députée de LREM, Alice Thourot.

Les critiques, cependant, disent que l’interdiction censurerait essentiellement les journalistes en interdisant une activité qui pourrait être essentielle à leur travail. Les images documentant les brutalités ou les fautes policières pourraient également tomber sous la rubrique de l’interdiction.

La mort en janvier de Cédric Chouviat, un chauffeur-livreur à Paris qui a subi une crise cardiaque et est décédé après que la police l’ait mis dans une étouffement, a braqué les projecteurs sur les propres démons de la France. Dans le sillage des manifestations de George Floyd aux États-Unis, la France a été confrontée à des manifestations sans précédent contre la brutalité policière et le racisme au cours de l’été.

Selon l’ONG internationale Reporters sans frontières (Reporters sans frontières ou RSF), la clause «viole clairement les principes de la liberté de la presse et le droit du public à être informé».

Lire la suite: Alors que les manifestations de George Floyd se propagent, la France affronte ses propres démons

Les civils seraient également empêchés de partager de telles images sur les réseaux sociaux. Une pétition de Change.org protestant contre l’interdiction avait recueilli mardi plus de 80 000 signatures.

Si la proposition – qui nécessitera l’approbation des chambres inférieures et supérieures de la France – devait être adoptée, les contrevenants s’exposeraient à un an de prison et à une amende de 45 000 €.

(. avec .)

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