in

La France enquête sur le démantèlement du camp de migrants à Paris après des images de bagarre «  choquantes  »

Publié le: 24/11/2020 – 03:41

Le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a déclaré mardi qu’il lançait une enquête sur les affrontements qui ont éclaté lundi soir après que la police a nettoyé un nouveau camp de migrants place de la République au cœur de Paris, ajoutant que les images des échauffourées étaient « choquantes ».

Les gens ont publié sur les réseaux sociaux des photos et des vidéos de policiers frappant des manifestants alors qu’ils se déplaçaient pour nettoyer la place des tentes des migrants, qui, selon la police, avaient été installées sans autorisation officielle.

« Certaines des images de la dispersion du camp de migrants illégaux sur la place de la République sont choquantes », a écrit Darmanin sur Twitter aux premières heures de mardi, ajoutant qu’il cherchait un rapport complet sur l’incident.

Le camp de migrants de l’emblématique place de la République, lieu de grandes manifestations françaises, a vu le jour à peine une semaine après que la police eut nettoyé un plus grand camping de migrants clandestins près du stade national des sports à la périphérie de la capitale française.

‘Ils sont trop violents’

La police a utilisé des gaz lacrymogènes pour démanteler le nouveau camp de migrants d’environ 500 tentes bleues, qui ont été installées par des volontaires et ont été rapidement remplies par des migrants, pour la plupart des Afghans.

Lorsque la police est arrivée pour démanteler le camp, des images montraient des agents ramassant des tentes, parfois avec des gens encore à l’intérieur, aux protestations des migrants et aux railleries des volontaires.

«Ils sont trop violents», sanglota Shahbuddin, un Afghan de 34 ans, alors qu’il remettait un bonnet gris sur sa tête après avoir été forcé de sortir de sa tente. « Nous voulons juste un toit. »

La police a ensuite utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser le reste du camp, chassant les migrants dans les rues du centre de Paris.

Ian Brossart, un adjoint du maire de la ville en charge du logement, de l’hébergement d’urgence et de la protection des réfugiés, a critiqué la «réponse de l’ordre public à une situation sociale».

Le problème des migrants augmente le soutien pour Le Pen

La France s’est jointe à d’autres États européens, tels que l’Italie et la Grande-Bretagne, pour adopter une position plus ferme sur les migrants depuis que le déclenchement du conflit syrien en 2011 a déclenché une crise des migrants à travers l’Europe.

Les sondages d’opinion montrent que les électeurs s’inquiètent de la question de la migration, qui à son tour a motivé le soutien de la dirigeante d’extrême droite Marine Le Pen, qui sera probablement le principal opposant du président Emmanuel Macron lors de la prochaine élection présidentielle de 2022.

Paris est une étape clé sur la route des migrants européens, avec des camps de tentes qui ont poussé à plusieurs reprises autour de la ville pour être démolis par la police quelques mois plus tard.

Des milliers de personnes ont voyagé de Paris au port de Calais et ont tenté de s’embarquer dans des camions traversant la Manche jusqu’en Angleterre. Un petit nombre tente la traversée en bateau.

Des groupes de défense des droits font exploser un projet de loi restreignant les images de la police

La dernière autorisation intervient après que le gouvernement français a approuvé un projet de loi sur la sécurité amendé qui restreindrait la publication de photos ou de vidéos prises des visages de policiers dans l’exercice de leurs fonctions dans les espaces publics.

Les syndicats des médias affirment que cela pourrait donner le feu vert à la police pour empêcher les journalistes de faire leur travail et potentiellement documenter les abus des forces de sécurité.

Des groupes de défense des droits de l’homme ont fustigé la nouvelle loi, qui a déclenché des manifestations à Paris et dans d’autres villes françaises ce week-end.

Le gouvernement affirme que la proposition vise à protéger les policiers contre les appels à la violence en ligne. Les critiques craignent que, si elle était adoptée, la mesure mettrait en danger les journalistes et autres observateurs qui prennent des vidéos d’officiers au travail, en particulier lors de manifestations violentes.

(. avec ., AP et .)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.