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La colère contre les coups de la police galvanise les manifestations françaises contre le projet de loi sur la sécurité

Publié le: 28/11/2020 – 09:52

Des dizaines de rassemblements sont prévus samedi contre un projet de loi français qui, selon les critiques, compromettra la capacité des médias à contrôler le comportement de la police, le pays étant secoué par des images montrant des agents battant et abusant racialement d’un homme noir.

Le président français Emmanuel Macron a déclaré vendredi que les images de la police battant un producteur de musique noir à Paris faisaient «honte» au pays, les hauts responsables politiques et sportifs se déclarant indignés par l’incident.

L’affaire, qui fait suite à une violente évacuation de migrants dans le centre de Paris, a choqué la nation et galvanisé les opposants à la nouvelle loi controversée du gouvernement sur la sécurité.

L’un des éléments les plus contestés de la loi proposée est l’article 24, qui criminaliserait la publication d’images d’agents de police en service dans le but de porter atteinte à leur «intégrité physique ou psychologique».

Il a été adopté par l’Assemblée nationale la semaine dernière – bien qu’il attend l’approbation du Sénat – provoquant des protestations et suscitant la condamnation des médias de toute la France.

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Les organisateurs du rallye demandent le retrait de l’article, affirmant qu’il contredit « les libertés publiques fondamentales de notre République ».

« Ce projet de loi vise à saper la liberté de la presse, la liberté d’informer et d’être informé, la liberté d’expression », a déclaré l’un des organisateurs de la manifestation de samedi.

Les syndicats devraient se joindre aux manifestations, avec des membres des gilets jaunes – dont les manifestations parfois violentes en 2018 et 2019 ont secoué le pays – également attendus.

Documenter les abus

À Paris, des responsables gouvernementaux avaient ordonné aux organisateurs de limiter le rassemblement à un seul endroit, mais l’ordre a été annulé par les juges qui ont autorisé une marche.

Et signe que le gouvernement pourrait se préparer à faire marche arrière, le Premier ministre Jean Castex a annoncé vendredi qu’il nommerait une commission chargée de reformuler l’article 24.

En vertu de cet article, les contrevenants pourraient être condamnés à une peine pouvant aller jusqu’à un an de prison et à une amende de 45 000 euros (53 000 dollars) pour avoir partagé des images de policiers.

Le gouvernement affirme que cette disposition vise à protéger les agents contre le doxxing et les abus en ligne, mais les critiques disent que c’est une preuve supplémentaire du glissement de l’administration Macron vers la droite.

Les syndicats des médias disent que cela pourrait donner le feu vert à la police pour empêcher les journalistes – et les utilisateurs des médias sociaux – de documenter les abus.

Ils évoquent le cas du producteur de musique Michel Zecler, dont les abus raciaux et les coups aux mains de la police ont été enregistrés par CCTV et publiés par la suite en ligne, provoquant une critique généralisée des actions des policiers.

Dans un autre cas, des journalistes sur le terrain dans un camp de migrants français ont été témoins et enregistrés de brutalités policières lundi alors que la région parisienne était dégagée.

‘Sali l’uniforme de la République’

Les incidents ont accru la pression sur le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin et soulevé des questions sur l’avenir du chef de la police parisienne Didier Lallement.

Dans une interview accordée jeudi à la télévision France 2, Darmanin a déclaré que les officiers impliqués dans le passage à tabac de Zecler « avaient souillé l’uniforme de la République ».

Macron a eu des entretiens avec Darmanin pour appeler à des sanctions sévères pour les personnes impliquées dans les coups, a déclaré une source gouvernementale.

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Des manifestations contre les brutalités policières ont déjà eu lieu ailleurs dans le pays avant samedi.

Les manifestants sont descendus dans les rues de Toulouse vendredi soir en brandissant des pancartes avec des slogans comme « la police partout, la justice nulle part ». À Nantes, la police a déclaré qu’environ 3 500 personnes s’étaient rassemblées, tandis que les organisateurs estimaient la foule à 6 000-7 000.

La condamnation s’est répandue sur les sites de médias sociaux après le passage à tabac de Zecler, des footballeurs de haut niveau tels que Kylian Mbappé se joignant à ses coéquipiers nationaux français et à d’autres athlètes pour appeler à la fin du racisme.

« Vidéo insupportable, violence inacceptable », a écrit Mbappé sur Twitter à côté d’une photo du producteur blessé, « Dites non au racisme ».

(. avec .)

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