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Le ministre français de l’Intérieur présente des propositions de réforme de la police dans un tollé

Délivré le: 01/12/2020 – 12:03

Au milieu d’une vague de colère et de manifestations de rue en France contre les violences policières, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a présenté lundi soir des propositions de réforme de la police devant une commission de l’Assemblée nationale.

Le parti au pouvoir du président Emmanuel Macron a accepté plus tôt de réécrire complètement un projet de plan qui aurait restreint le droit de filmer des policiers en action, après que de grandes manifestations au cours du week-end aient attiré 133000 personnes dans tout le pays et 46000 à Paris seulement, selon le décompte officiel ou bien d’autres. selon les estimations du syndicat.

Les rassemblements ont suivi la publication de séquences vidéo du passage à tabac brutal d’un homme noir par trois policiers au début du mois, un incident que Macron a qualifié de « honteux » pour la France. Quatre policiers ont été inculpés pour avoir été battus lundi.

Une disposition du projet de loi connue sous le nom d’article 24, un élément clé des projets de Macron de courtiser les électeurs de droite en étant plus sévère envers la loi et l’ordre avant sa probable réélection en 2022, avait suscité l’indignation dans les médias et à gauche. flanc de son propre parti.

Chris Moore de . rapporte après le retour des législateurs de Macron sur le projet de loi sur la sécurité

L’article 24 n’interdisait pas complètement le partage d’images de la police, mais en faisait un crime – passible d’un an de prison et d’une amende de 45 000 € – de les partager avec une «intention manifeste de nuire». Une nouvelle version de l’article 24 sera soumise à une date ultérieure, ont indiqué des responsables.

L’objectif déclaré du projet de loi plus large sur la «sécurité générale» est de fournir une meilleure protection aux policiers français, qui, selon les syndicats, étaient soumis à de fortes tensions après des mois de violentes manifestations de «gilet jaune».

‘Sept péchés capitaux’

Lundi soir, le ministre de l’Intérieur Darmanin a été entendu pendant plus de deux heures devant la commission des lois de l’Assemblée nationale. L’ancien conservateur dur a reconnu qu’il y avait « peut-être » des « problèmes structurels » au sein de la police et a énuméré ce qu’il a appelé les « sept péchés capitaux » de l’institution. Parmi eux, Darmanin a mis en évidence des questions relatives à l’équipement, à la supervision et au contrôle des affaires internes.

Les propositions de Darmanin visent à répondre à la demande de Macron vendredi de suggérer « rapidement » des pistes pour « réaffirmer la confiance qui devrait naturellement exister entre les Français et ceux qui les protègent et lutter plus efficacement contre toute discrimination ».

Macron avait fait la même demande au prédécesseur de Darmanin, Christophe Castaner, qui a présenté un plan à cet effet en juin. Mais au milieu du tollé résultant de l’application de la loi, Castaner a été expulsé du gouvernement dans un cabinet réaménagé un mois plus tard.

Le premier «péché mortel» énuméré par Darmanin concernait la formation de base de la police, qui, selon lui, devrait être prolongée. Afin de répondre aux besoins de recrutement après une série d’attaques terroristes meurtrières en 2015, la durée de la période de formation dans les académies de police a été réduite de 12 mois à huit. Darmanin a également souligné l’importance de la formation tout au long de la carrière d’un officier. « Nous devons aux » policiers « plus d’heures de formation », a-t-il dit.

Le deuxième point de Darmanin, ou «péché», concernait le personnel d’encadrement. « L’une des difficultés est qu’il n’y a pas assez de chefs en charge, en second lieu présents dans les rues », a déclaré Darmanin. « Nous devons reconstruire un groupe intermédiaire de superviseurs sur le terrain … Être sur le terrain est la plus noble des tâches », a-t-il déclaré.

Darmanin a également déclaré que la police avait besoin de plus de moyens. Son ministère a obtenu 1 milliard d’euros (1,2 milliard de dollars) dans le plan de relance actuel de l’ère des coronavirus, prévoyant des améliorations telles que la rénovation des postes de police et le remplacement du parc de véhicules de police. Darmanin pense qu’il en faut davantage, suggérant par exemple l’utilisation généralisée de caméras portables pour les policiers en patrouille.

Par ailleurs, le ministre a évoqué une éventuelle réforme de l’IGPN, l’instance disciplinaire de la police française ou «police de police», qui, selon lui, est chargée à la fois de mener des inspections et de mener des enquêtes.

Enfin, Darmanin a déclaré qu’il « ne partage vraiment pas » la notion de « divorce entre la police et la population ». Il a proposé d’augmenter les réserves de police à 30 000, le même nombre de réserves que la force de gendarmes du pays maintient.

Après avoir soumis un livre blanc sur la sécurité intérieure à la mi-novembre, Darmanin avait déclaré que les discussions se poursuivraient tout au long du premier semestre 2021, l’objectif étant un projet de loi pour 2022. Ce rapport officiel, qui a nécessité une année complète de travail pour l’élaboration, se compose d’environ 200 propositions relatives au recrutement, à la formation et aux carrières de la police, ainsi que d’une répartition territoriale actualisée du personnel entre la police, les gendarmes et les installations partagées entre les forces.

Plusieurs propositions du livre blanc ont déjà été appliquées ou sont déjà envisagées dans le projet de loi «sécurité générale» actuellement sur la table.

(. avec . et .)

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