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Les procureurs français demandent une peine de prison pour l’ex-président Sarkozy dans le cadre d’un procès pour greffe

Émis le: 08/12/2020 – 19:55

Les procureurs du procès pour greffe de l’ex-président français Nicolas Sarkozy ont appelé mardi à sa condamnation à une peine de prison de quatre ans, dont deux.

L’ailier droit de 65 ans, premier chef d’État moderne du pays à comparaître sur le banc des accusés, est accusé d’avoir tenté de soudoyer un juge avec un poste de retraite prune en échange d’informations privilégiées sur une enquête sur les finances de sa campagne.

Les procureurs ont demandé la même peine pour l’avocat et co-accusé de Sarkozy, Thierry Herzog, ainsi que pour le juge, Gilbert Azibert.

Ils ont déclaré que Herzog devrait également être radié pendant cinq ans.

Sarkozy, qui a dirigé la France de 2007 à 2012, avait déclaré à la Cour lundi qu’il « n’avait jamais commis le moindre acte de corruption » et s’était juré d’aller « jusqu’au bout » pour effacer son nom lors du procès historique.

Les accusations de corruption et de trafic d’influence – parmi plusieurs affaires judiciaires contre lui – sont passibles d’une peine maximale de 10 ans et d’une amende d’un million d’euros (1,2 million de dollars).

‘Traîné dans la boue’

Se défendant devant le tribunal pour la première fois lundi, Sarkozy a déclaré qu’il appréciait la perspective d’obtenir une audience équitable après avoir été « traîné dans la boue pendant six ans ».

« Qu’ais-je fait pour mériter cela? » a demandé Sarkozy, qui portait un costume sombre et un masque chirurgical sous le nez, jurant «d’aller jusqu’au bout pour la vérité». La salle d’audience était aussi bondée que le permettaient les restrictions virales.

Les procureurs affirment que lui et Herzog ont tenté de soudoyer le juge Azibert en échange d’informations sur une enquête sur les allégations que Sarkozy avait reçu des paiements illicites de la défunte héritière de L’Oréal, Liliane Bettencourt, lors de sa campagne présidentielle de 2007.

Le cas de l’État est basé sur des écoutes téléphoniques des conversations entre Herzog et Sarkozy, ce que l’ancien président a dénoncé lors de son discours devant le tribunal.

Azibert était conseiller principal à la plus haute cour d’appel de France à l’époque. Il n’a jamais eu le travail à Monaco.

Sarkozy, quant à lui, a été innocenté de tout acte répréhensible dans l’affaire Bettencourt, mais fait toujours face à une série de problèmes juridiques.

Il reste accusé d’avoir reçu des millions d’euros de financement du dictateur libyen Mouammar Kadhafi pour sa campagne électorale de 2007, et il est également accusé d’avoir abusé frauduleusement de son échec de réélection en 2012.

Un seul autre président français, le mentor politique de Sarkozy, Jacques Chirac, a été jugé après avoir quitté ses fonctions, mais il a été dispensé de devoir assister à son procès pour corruption en 2011 en raison de problèmes de santé.

Chirac a écopé d’une peine de deux ans avec sursis pour la création d’emplois fantômes à la mairie de Paris qui ont servi à financer son parti lorsqu’il était maire de la ville.

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