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Verdict attendu dans le procès français sur l’attaque de Charlie Hebdo en 2015

Publié le: 16/12/2020 – 05:34

Les juges rendront leur verdict mercredi sur 14 complices présumés des hommes armés islamistes qui ont assassiné certains des dessinateurs les plus célèbres de France à l’hebdomadaire Charlie Hebdo en 2015, des meurtres qui ont horrifié la nation.

Dix-sept personnes ont été tuées pendant trois jours d’attaques en janvier 2015, à commencer par le massacre de 12 personnes au magazine satirique, qui avait publié des caricatures du prophète Mahomet.

Cette attaque a été suivie du meurtre d’une policière française et de la prise d’otages au marché Hyper Cacher.

Les meurtres, qui ont marqué le début d’une vague d’attaques islamistes à travers l’Europe, ont déclenché un élan mondial de solidarité avec la France sous le slogan «Je suis Charlie».

Les trois assaillants ont été tués dans des fusillades avec la police à la suite des attaques.

Les personnes jugées sont accusées d’avoir aidé les frères Kouachi, auteurs du massacre de Charlie Hebdo, et leur complice, le preneur d’otages du supermarché Amedy Coulibaly.

Pendant plus de trois mois, le procès a été retardé à plusieurs reprises en raison de la pandémie de Covid-19.

Il a de nouveau mis en évidence l’horreur des attentats, à une époque où la France a de nouveau été confrontée à des meurtres imputés aux radicaux islamistes.

‘Suspicion et spéculation’

Les procureurs antiterroristes réclament des peines de prison allant de cinq ans à la réclusion à perpétuité pour les accusés.

Les avocats de la défense ont critiqué le dossier de l’accusation comme mince sur les preuves et ont mis en garde contre des exemples d’accusés avec des peines «folles» pour compenser le fait que les tueurs eux-mêmes ne peuvent pas être jugés.

Les procureurs réclament une peine d’emprisonnement à perpétuité pour Ali Riza Polat, un ami franco-turc de 35 ans de Coulibaly, qu’ils ont présenté comme son « bras droit ».

Polat a admis devant le tribunal qu’il s’était mêlé de crimes, notamment de trafic de drogue, mais a nié avoir eu connaissance d’un complot terroriste.

« Je n’ai vraiment pas fait tout ce que vous dites que j’ai fait », a-t-il déclaré.

La petite amie de Coulibaly, Hayat Boumeddiene, est également condamnée à la réclusion à perpétuité, qui s’est enfuie en Syrie peu après les attentats et a été l’une des trois personnes jugées par contumace.

L’ADN de l’un des suspects, Nezar Mickael Pastor Alwatik, a été retrouvé sur un pistolet et un revolver utilisés par Coulibaly lorsqu’il a pris des acheteurs en otage au supermarché Hyper Cacher.

Le pasteur Alwatik est accusé de faire partie d’un complot terroriste – accusations jugées excessives par son avocate, Delphine Malapert.

« Vous ne pouvez pas condamner quelqu’un sur la base d’imprécision, de suspicion et de spéculation », a-t-elle déclaré au tribunal, arguant que tout ce dont il était coupable était « d’avoir touché des armes ».

‘Silence mortel’

Le procès de trois mois a ravivé les souvenirs d’attaques qui ont établi un modèle de jeunes musulmans français radicalisés inspirés ou dirigés par des groupes djihadistes pour attaquer leur patrie.

Les frères Kouachi ont affirmé qu’ils agissaient au nom d’Al-Qaïda tandis que Coulibaly avait juré fidélité au groupe État islamique.

Au cours du procès, les survivants des attentats ont raconté des scènes d’horreur.

La chroniqueuse Sigolene Vinson, qui a survécu au massacre de Charlie Hebdo, a décrit le « silence de mort » dans le bureau alors que ses collègues gisaient morts tout autour d’elle.

L’ancien caissier d’Hyper Cacher, Zarie Sibony, a décrit avoir enjambé des corps dans les allées du supermarché lors de la confrontation de quatre heures de Coulibaly avec la police.

Le massacre de Charlie Hebdo a déclenché un débat intense sur la liberté d’expression et la place de l’islam dans la France laïque.

Pour marquer le début du procès le 2 septembre, Charlie Hebdo a republié avec défi les caricatures du prophète qui avaient irrité les musulmans.

Trois semaines plus tard, un Pakistanais a blessé deux personnes devant les anciens bureaux du magazine, les piratant avec un couperet.

Le 16 octobre, un jeune réfugié tchétchène a décapité le professeur Samuel Paty qui avait montré certaines des caricatures à ses élèves.

Et le 29 octobre, trois personnes ont été tuées lorsqu’un jeune Tunisien récemment arrivé en Europe s’est lancé dans une frénésie de coups de couteau dans une église de la ville méditerranéenne de Nice.

Le gouvernement du président Emmanuel Macron a introduit une législation pour lutter contre l’activité islamiste radicale en France, un projet de loi qui a suscité la colère dans certains pays musulmans.

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