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La France s’engage à accélérer le rythme des vaccinations après le lent «  fiasco  » du déploiement

Délivré le: 03/01/2021 – 17:24

Le gouvernement français a promis d’augmenter ses vaccinations contre Covid-19 après un tollé des professionnels de la santé. La France est loin derrière d’autres pays, y compris le Royaume-Uni et l’Allemagne, en ce qui concerne l’administration des vaccins.

La France n’avait vacciné que 352 personnes au 31 décembre, quatre jours après le début de ses injections de coronavirus, selon le site Web Our World in Data de l’Université d’Oxford. Seules 80 personnes ont été vaccinées dans les 24 heures précédant samedi soir, selon le site Internet de données français CovidTracker.

Le 27 décembre, le Royaume-Uni avait vacciné plus de 940 000 personnes depuis qu’il était devenu le premier pays occidental à approuver le vaccin Pfizer-BioNTech pour une utilisation d’urgence le 2 décembre et à commencer les vaccinations six jours plus tard. L’Allemagne avait vacciné plus de 238 000 personnes au 2 janvier, neuf jours après le déploiement de son programme de vaccination.

Le programme de vaccination français a démarré «très lentement» et le petit nombre de personnes vaccinées est «difficile à défendre» par rapport aux voisins européens de la France, a déclaré l’Académie nationale de médecine du pays dans un communiqué du 31 décembre.

Le site Web de l'Université d'Oxford, Our World in Data, indique le nombre de vaccins Covid-19 administrés dans chaque pays.Le site Web de l'Université d'Oxford, Our World in Data, indique le nombre de vaccins Covid-19 administrés dans chaque pays.
Le site Web de l’Université d’Oxford, Our World in Data, indique le nombre de vaccins Covid-19 administrés dans chaque pays. © Our World in Data, Université d’Oxford

«S’ils veulent gâcher le programme de vaccination, ils le font de la bonne manière», a déclaré dimanche l’épidémiologiste et ancien conseiller du ministère de la Santé Martin Blachier dans des commentaires sur la chaîne d’information LCI. «Si j’étais président, je serais très dur avec le ministère de la Santé; c’est le plus grand fiasco que nous ayons jamais connu en matière de santé publique.

Blachier était particulièrement cinglant face à l’échec du gouvernement à mettre en place des centres de vaccination. Il est «ahurissant que rien n’ait été organisé», a-t-il déclaré.

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a laissé entendre fin décembre que le gouvernement procédait lentement et délibérément, afin de rassurer les gens sur les avantages du vaccin.

« Le gouvernement a marqué un but contre son camp en pensant qu’aller lentement rassurerait les sceptiques, alors qu’en fait cela ne faisait qu’aggraver leur sentiment de méfiance », a déclaré à LCI la psychologue parisienne Marie-Estelle Dupont.

Le sentiment anti-vaccin est relativement répandu en France. Un sondage Ipsos publié en novembre a révélé que 46% des adultes français ont déclaré qu’ils refuseraient de recevoir un vaccin Covid-19 – contre 21% au Royaume-Uni et 30% en Allemagne. Un sondage Gallup de 2019 a révélé qu’un Français sur trois pense que tous les vaccins sont dangereux – la plus forte proportion de répondants à le dire dans 144 pays étudiés.

«Quelle est la chose la plus importante?» Demanda Blachier. «Vacciner la population française ou faire face aux sensibilités des gens?»

«  Retards injustifiés  »

Le président français Emmanuel Macron a promis de s’attaquer à l’inquiétude croissante dans son discours annuel de la Saint-Sylvestre, affirmant qu’il «ne permettrait pas à ce retard injustifié de se poursuivre». Macron a été plus net dans les commentaires privés rapportés par l’hebdomadaire français Le Journal du Dimanche dimanche: «Les choses doivent changer rapidement et beaucoup.»

Le même soir, le ministre de la Santé Véran a annoncé un calendrier accéléré pour les vaccinations, deux jours après s’être dit «à l’aise» avec les retards. Des vaccins seront proposés à toutes les «personnes âgées» d’ici «quelques semaines», portant le programme de la France au «même niveau que des pays qui ont fait les choses différemment», a-t-il écrit sur Twitter.

Les centres de vaccination seront prêts à vacciner «les agents de santé âgés de 50 ans et plus» à partir du 4 janvier, a-t-il déclaré. Des centres de vaccination supplémentaires seront prêts ce mois-ci pour vacciner les personnes de 75 ans ou plus suivies de celles de 65 ans ou plus, a poursuivi Véran.

Cela accélérerait considérablement le programme de vaccination de la France. Selon le plan initial, les résidents des foyers de soins seraient vaccinés en janvier, suivis en février par d’autres à haut risque de mourir de Covid-19. Tout le monde pouvait s’attendre à être vacciné à partir du printemps.

«Nous savons comment organiser une vaccination de masse», a déclaré Véran. «Par exemple, 1,5 million de vaccins antigrippaux ont été émis depuis le premier jour de la campagne contre la grippe cette année.»

Le Premier ministre Jean Castex a promis début décembre qu’un million de personnes seraient vaccinées d’ici la fin janvier. Mais à ce stade, la France devrait vacciner plus de 32 000 personnes chaque jour jusqu’au 31 janvier pour atteindre cet objectif, selon les données de CovidTracker.

Le porte-parole du gouvernement français, Gabriel Attal, a déclaré dimanche au Parisien que le programme de vaccination «s’accélérait déjà». Le gouvernement a reçu 500 000 doses du vaccin Pfizer-BioNTech – le seul approuvé pour une utilisation dans l’UE à ce jour – et il continuera à recevoir 500 000 doses au début de chaque semaine, a déclaré Attal.

Un comité d’experts en santé publique et d’hommes politiques locaux – dirigé par le médecin et chercheur Alain Fischer, responsable de la coordination de la stratégie de vaccination de la France – devrait remettre un rapport au gouvernement dans les jours qui suivent exposant la logistique du vaccin accéléré. programme.

Les options futures pourraient inclure l’offre de vaccinations sur place dans les pharmacies, permettant aux médecins généralistes de vacciner des personnes dans des bureaux privés et des équipes mobiles de vaccination – dirigées par les forces de sécurité ou la Croix-Rouge – envoyées dans les hôpitaux, a rapporté Le Journal du Dimanche.

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