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Des milliers de personnes en France organisent de nouvelles manifestations contre la loi qui restreindrait le tournage de la police

Délivré le: 16/01/2021 – 22:34

Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé à travers la France samedi pour dénoncer un projet de loi sur la sécurité qui, selon les critiques, limiterait le tournage de la police et la publication d’images sur les réseaux sociaux, notamment pour documenter les cas de brutalités policières.

Des milliers de personnes ont défilé à Paris et dans des villes de toute la France, beaucoup d’entre eux en colère contre ce qu’ils disent être la réponse «disproportionnée» de la police lorsqu’ils ont dispersé une rave illégale du Nouvel An en Bretagne qui a attiré quelque 2 400 personnes.

Les estimations du taux de participation variaient considérablement entre les autorités et les militants: alors que la police estimait le taux de participation total à travers le pays à 34 000, les organisateurs ont insisté sur le fait qu’il était plus proche de 200 000.

A Paris, les manifestants sont sortis malgré une rare chute de neige, portant des banderoles avec des slogans tels que «Police partout, justice nulle part» et «État d’urgence, état policier».

« C’est une drôle de dictature, on se demande jusqu’où ils iront avec cette loi », a déclaré un marcheur dans la ville nord de Lille, qui ne s’est identifié que par son prénom François.

« Si c’est le cas au pays des droits de l’homme et de la liberté, alors j’ai honte d’être français! » il ajouta.

La police a arrêté 75 personnes à travers le pays, dont 24 à Paris, a déclaré le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, tandis que 12 policiers et paramilitaires ont été blessés.

La police est également intervenue pour disperser une rave illégale près de la manifestation parisienne, a déclaré Darmanin dans un tweet.

Des images de la police blanche battant un producteur de musique noir non armé dans son studio parisien le 21 novembre ont amplifié la colère face à la législation, condamnée par beaucoup comme signalant un virage à droite par le président Emmanuel Macron.

D’autres incidents récents filmés ont montré la police parisienne utilisant la violence pour démolir un camp de migrants.

Les manifestants sont également contre l’utilisation d’outils de surveillance renforcés tels que les drones et les caméras pour piétons.

Le Sénat français doit examiner un projet de loi en mars

Face à la montée des protestations, le parti au pouvoir LREM de Macron a annoncé qu’il réécrirait l’article 24 controversé du projet de loi qui traite du tournage de la police.

Mais les manifestants de gauche et les groupes de défense des droits insistent sur le fait que la loi devrait être complètement retirée.

Les «marches pour la liberté» ont été convoquées par un groupement regroupant Amnesty International et plusieurs syndicats, y compris ceux rassemblant des journalistes et des réalisateurs de films.

La proposition, déjà approuvée par l’Assemblée nationale, sera examinée par le Sénat, la chambre haute du parlement français, en mars.

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