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Les groupes musulmans français en désaccord sur la charte anti-extrémisme de Macron

Publié le: 21/01/2021 – 16: 59Modifié: 21/01/2021 – 17:02

Le chef de la principale organisation musulmane française a critiqué jeudi une décision « unilatérale » de trois groupes islamiques de ne pas adhérer à une charte anti-extrémisme défendue par le président Emmanuel Macron.

Macron souhaite que les groupes musulmans français souscrivent à la charte alors qu’il cherche à sécuriser le système laïc de la France à la suite d’une vague d’attaques imputées aux radicaux islamistes en 2020.

Mais le Comité de coordination des musulmans turcs en France (CCMTF) et la Confédération islamique Milli Gorus (CMIG) – tous deux accueillant des citoyens d’origine turque – ainsi que le mouvement Foi et pratique, ont annoncé mercredi soir qu’ils ne le seraient pas. souscrire à la charte.

« Par ces actions répétitives, les groupes … risquent tous d’être tenus pour responsables de cette situation de division », a déclaré Mohamed Moussaoui, le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), le regroupement des groupes musulmans de France.

Ce refus « n’est pas de nature à rassurer … sur l’état des instances représentatives de la religion musulmane », a-t-il ajouté.

Une source proche du dossier, qui a demandé à ne pas être nommée, a déclaré que les trois groupes refusant de signer la charte étaient particulièrement préoccupés par la définition de l’ingérence étrangère dans la religion et la définition de l’islam politique.

La dispute survient à un moment de graves tensions diplomatiques entre la France et la Turquie, dont le président Recep Tayyip Erdogan a critiqué à plusieurs reprises la tentative de Macron de réprimer l’islam radical dans le pays.

>> En savoir plus: Au milieu des barbes verbales, Macron et Erdogan de la Turquie pourraient être des ennemis idéaux

Le Milli Gorus, un mouvement paneuropéen pour la diaspora turque, est considéré comme inspiré par les idées de feu le Premier ministre Necmettin Erbakan, considéré comme le père de l’islam politique en Turquie et le mentor d’Erdogan.

« Nous pensons que certains passages et formulations du texte soumis sont susceptibles de fragiliser les liens de confiance entre les musulmans de France et la nation », ont déclaré les trois groupes dans un communiqué.

« De plus, certaines déclarations portent atteinte à l’honneur des musulmans, avec un ton accusateur et marginalisant. »

«Précision importante»

Cinq des neuf groupes qui composent le CFCM, un organisme créé il y a près de 20 ans pour permettre le dialogue entre le gouvernement et la communauté musulmane, ont signé la charte après des semaines de débats parfois acrimonieux.

Mais l’échec du CFCM à montrer jusqu’à présent un front totalement uni risque de voler l’initiative du consensus au sein de la communauté musulmane qu’il est censé mettre en avant.

Une source gouvernementale a cependant insisté sur le fait que le refus des groupes n’affaiblirait pas le processus, ajoutant que « les masques se détachent ».

« Une clarification importante est en train d’être apportée », a déclaré la source.

La charte rejette l ‘«instrumentalisation» de l’islam à des fins politiques et affirme l’égalité entre les hommes et les femmes, tout en dénonçant des pratiques telles que les excisions féminines, les mariages forcés ou les «certificats de virginité» pour les épouses.

Macron a dénoncé la promotion de «l’islam politique» en France en novembre de l’année dernière après qu’un enseignant ait été décapité devant son école.

Il avait montré aux élèves des dessins animés du prophète Mahomet dans le cadre d’une leçon sur la liberté d’expression.

L’attaque a provoqué une répression contre les mosquées extrémistes et les associations islamistes, ainsi qu’une vigoureuse défense de la laïcité française.

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