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Des victimes homosexuelles françaises brisent le tabou sur les abus sexuels

Délivré le: 25/01/2021 – 14:20

Une semaine après que des victimes françaises d’inceste se sont rendues sur Twitter pour briser le tabou du pays sur les abus sexuels entre familles, les hommes homosexuels victimes de violences sexuelles ont emboîté le pas en utilisant le hashtag #MeTooGay pour dénoncer les abus qu’ils n’avaient jamais osé partager par peur. cela déclencherait une réaction homophobe contre la communauté LGBT + déjà vulnérable de France.

«J’avais 11 ans et j’avais le corps d’un enfant. Il avait 16 ans et demi et avait le corps d’un adulte. Cela a commencé par du chantage. Puis par pénétrations forcées, humiliations et dégoût lorsque mon corps est entré dans la puberté. Cela a duré 6 ans.

Depuis jeudi, Twitter a vu une vague de témoignages déchirants comme ceux d’hommes homosexuels français qui ont finalement choisi de briser le silence sur les abus dont ils ont été victimes lorsqu’ils étaient enfants, jeunes hommes ou même adultes.

Les déclarations publiques font suite à la publication ce mois-ci d’un livre accusant l’éminent intellectuel français Olivier Duhamel d’avoir abusé sexuellement de son beau-fils.

Les révélations, qui ont conduit à une enquête préliminaire sur l’affaire et à la démission de Duhamel de plusieurs postes prestigieux, ont contribué à briser le tabou français sur l’inceste, avec la création d’un hashtag #MeTooInceste, et ont depuis également levé le couvercle sur d’autres sujets feutrés, comme les abus sexuels ciblant les homosexuels.

Flora Bolter, codirectrice du groupe de défense des droits de l’homme basé à Paris l’Observatoire LGBT + de la Fondation Jean Jaurès, a déclaré à . que de nombreux homosexuels victimes d’abus sexuels se sont sentis obligés de garder le silence sur leurs expériences de peur que cela ne provoque un retour de bâton contre la communauté LBGT + elle-même.

« Étaient [already] subissant une forte discrimination parce que les gens ont ce raccourci des stéréotypes et relient les personnes LGBT aux prédateurs sexuels », a-t-elle déclaré.

«Il a donc toujours été très difficile d’aborder et d’aborder la question de la violence sexuelle au sein de la communauté LGBT + car il y a eu cette peur de s’exprimer et [thereby] alimentant l’homophobie. »

‘Personne ne m’a cru’

Matthieu Foucher, un journaliste français qui avait déjà publié en septembre un article appelant à la création d’un hashtag #MeTooGay sous lequel les hommes homosexuels victimes d’abus sexuels se sentiraient enfin en sécurité pour se manifester, a été l’un des premiers à partager son histoire sur Twitter.

«J’avais 10 ou 11 ans. Personne ne m’a cru quand je leur ai dit. Cela a partiellement gâché mes adolescents et ma famille, [and] a retardé ma sortie pendant je ne sais combien d’années. Il m’a fallu des années pour en parler.

D’autres ont également témoigné de la difficulté de dénoncer de tels abus en tant qu’homme homosexuel. «C’est si difficile d’en parler. C’est tellement difficile quand on est élevé dans l’homophobie, quand on doit se battre pour être qui on est, quand on essaie de se créer un espace sûr pour soi-même, et que l’on se retrouve à nouveau victime », a écrit Matthias Parveau, utilisateur de Twitter. .

Alexandre Rupnik, un politicien local à Marseille, a raconté comment il avait été maltraité dans un escalier sombre de la deuxième plus grande ville de France en 2018 mais avait choisi de ne jamais le signaler à la police «parce que ça me semblait inutile, j’étais convaincu que je ne serais jamais écouté parce que je ne correspond pas à l’image d’une victime de violence sexuelle.

Climat rigoureux en France

Dans son entretien avec ., Bolter a déclaré que le climat pour les homosexuels français est plus dur que dans de nombreux pays anglophones de l’ouest, notamment parce que les efforts sont insuffisants pour collecter des données fiables sur le sujet. «Il y a aussi beaucoup plus fait en termes de procédures et de pratiques – au Royaume-Uni, il existe des lignes d’assistance pour les hommes victimes de violences sexuelles – que nous n’avons pas en France.

Bolter a salué l’utilisation du hashtag en disant « nous venons de briser la surface de ce silence et de ce tabou. »

Le groupe de défense des droits français SOS Homophobie a salué le flot de témoignages qui se sont fait jour depuis la création du hashtag #MeTooGay, affirmant qu’il «marque une libération nécessaire de la parole pour les victimes de violences sexuelles. Ces personnes doivent être écoutées et protégées. »

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