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Amnesty réprimande la France pour l’utilisation d’armes contre des manifestants au Liban

Délivré le: 28/01/2021 – 03:14

Amnesty International a exhorté jeudi Paris à mettre un terme aux ventes d’armes au Liban, affirmant que des balles en caoutchouc, des grenades lacrymogènes et des lanceurs de fabrication française avaient été utilisés pour réprimer des manifestations pacifiques.

« La France fournit depuis des années aux forces de sécurité libanaises du matériel de maintien de l’ordre qu’elles ont ensuite utilisé pour commettre ou faciliter de graves violations des droits humains », a déclaré le groupe dans un communiqué.

« Nous appelons la France à veiller à ce qu’il n’y ait plus de ventes tant que les autorités libanaises n’auront pas reconnu les violations passées », a déclaré Aymeric Elluin, responsable du plaidoyer sur les transferts d’armes à Amnesty International France.

«Les forces de sécurité libanaises opèrent dans un climat d’impunité».

Des balles en caoutchouc de fabrication française, des grenades lacrymogènes et des lanceurs ont été utilisés à plusieurs reprises depuis le début d’un mouvement de protestation anti-gouvernement sans précédent en octobre 2019, selon le groupe de défense des droits.

Ils ont également été utilisés en 2015 pour disperser des manifestations contre une crise de gestion des déchets qui a vu des déchets s’entasser dans la capitale, a-t-il ajouté.

Amnesty a déclaré que ses conclusions étaient basées sur l’analyse de plus de 100 vidéos de manifestations à Beyrouth, ainsi que sur des témoignages et des dossiers médicaux recueillis par des chercheurs sur le terrain.

Il a accusé les forces de sécurité d’avoir tiré des bombes lacrymogènes directement sur les manifestants, ainsi que de tirer des balles en caoutchouc au niveau de la poitrine, parfois de près, entre octobre 2019 et août 2020.

Cet « usage excessif de la force » a entraîné de graves blessures à la tête, aux yeux et au haut du corps, a indiqué le groupe.

Les forces de sécurité ont également utilisé des véhicules blindés de fabrication française, a-t-il ajouté.

Amnesty a qualifié de « honteux » le rôle des équipements des forces de l’ordre français dans la répression des manifestations.

« Il n’y a pas eu d’enquête effective sur l’utilisation illégale d’armes, y compris celles fabriquées en France, contre des manifestants pacifiques, et aucun officier de sécurité n’a été tenu pour responsable par les autorités judiciaires », a déclaré Elluin.

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