in

Le parlement français entame le débat sur un projet de loi controversé visant à freiner l’islam radical

Les législateurs français ont débattu lundi d’un projet de loi qui, espèrent-ils, déracinera l’islam radical dans le pays, les croyances que les autorités maintiennent s’insinuent dans les services publics, les associations, certaines écoles et en ligne dans le but de saper les valeurs nationales.

Le projet de loi est vaste et controversé, avec environ 1 700 amendements proposés, et il garantit un débat animé pour les deux prochaines semaines à la chambre basse.

Ouvrant le débat, le ministre de l’Intérieur Gerald Darmanin, parrain du projet de loi, a déclaré que l’objectif était d’arrêter «une prise de contrôle islamiste hostile visant les musulmans». Il a souligné que «nous ne luttons pas contre une religion», bien que certains musulmans en France aient exprimé leur inquiétude que cela ajoute une nouvelle couche de stigmatisation pour eux. D’autres religions, des bouddhistes aux catholiques romains, se sont plaints qu’elles pourraient également souffrir des retombées du texte.

Le projet de loi reflète une priorité pour le président Emmanuel Macron, qui, dans un discours d’octobre, a brossé un tableau sombre de ce qu’il a surnommé le «séparatisme», une version perverse de l’islam, la religion n ° 2 en France, faisant des percées et créant une «contre-société».

Darmanin a fait écho au président dans ses remarques liminaires aux législateurs, en disant: «Notre pays souffre d’une maladie du séparatisme, d’abord et avant tout un séparatisme islamiste qui ressemble à la gangrène infectant notre unité nationale.»

Darmanin, un membre de droite du parti centriste de Macron, a pris sa mission de proposer une loi avec zèle, écrivant un petit livre à paraître dans les prochains jours, «Manifeste pour la laïcité» – une valeur fondamentale de la France que le projet de loi il a parrainé est destiné à protéger.

De multiples attaques en France par des extrémistes islamistes fournissent une toile de fond au projet de loi, même si les violences récentes ont été commises par des étrangers.

Le texte s’applique à toutes les religions, mais certains musulmans disent que la législation pointe à nouveau du doigt l’islam.

D’autres critiques affirment que le projet de loi couvre un terrain déjà abordé dans les lois actuelles, tandis que la dirigeante d’extrême droite Marine Le Pen dit que le projet de loi ne va pas assez loin ni ne nomme même l’ennemi: l’islam radical.

Un islam français

Le projet de loi est un aspect de la tentative du président français de faire ce que ses prédécesseurs ont tenté et échoué de faire: créer un «islam de France» sur mesure. Par ailleurs, le canal officiel vers le gouvernement, le Conseil français de la foi musulmane, ou CFCM, a été poussé à créer une «charte de principes pour l’islam de France», achevée le mois dernier après de nombreuses disputes entre les fédérations musulmanes.

Les dirigeants musulmans gardaient un profil bas à l’ouverture du débat.

De manière petite et grande, le projet de loi cherche à contrôler le fonctionnement des associations et des mosquées, y compris le financement étranger, et vise à brancher les points d’entrée de l’idéologie islamiste dans la vie des musulmans.

Mohammed Moussaoui, chef du CFCM, a déclaré lors d’une audition de la commission parlementaire en janvier que le nouveau contrôle des associations dans le projet de loi est «utile, nécessaire pour lutter contre ceux qui veulent instrumentaliser les associations» pour contrer les valeurs françaises. Cependant, il s’est dit préoccupé par le fait que les fonctionnaires pourraient «utiliser cet outil pour déranger les associations, les bons étudiants» en suivant les règles.

Le chef de la Fondation de l’Islam, une organisation laïque représentant un islam progressiste, a qualifié le projet de loi «d’injuste mais nécessaire».

Bien que les musulmans ne soient pas mentionnés dans le texte, il identifie «une seule religion, mais une catégorie de citoyens», a déclaré Ghaleb Bencheikh lors d’un entretien téléphonique. C’est nécessaire parce que «la société française, la nation française est traumatisée par les attentats et la réalité de l’islam radical». Alors que les radicaux sont une minorité, «ce sont les minorités qui composent l’histoire», a ajouté Bencheikh.

Parmi les 51 articles, le projet de loi vise à garantir que les employés de la fonction publique respectent la neutralité et la laïcité, tout en les protégeant contre les menaces ou la violence.

Afin de protéger les enfants de l’endoctrinement et de supprimer les écoles clandestines, le texte oblige tous les enfants à partir de 3 ans à fréquenter une école ordinaire. Environ 50000 enfants étaient scolarisés à domicile en 2020, selon les médias français. Mais le nombre d ‘«écoles clandestines» où les enfants seraient endoctrinés dans une idéologie radicale est inconnu.

Entre autres points clés, le projet de loi vise à surveiller de près les associations, y compris celles qui gèrent souvent des mosquées, avec des mesures dont une visant à garantir que les étrangers ne puissent pas prendre le contrôle d’une association.

Une autre mesure oblige les associations recevant des fonds de l’État à signer un «contrat d’engagement républicain» garantissant le respect des valeurs françaises. Le financement doit être remboursé si le contrat est rompu. Si les financements étrangers pour les mosquées ne sont pas interdits, les montants supérieurs à 10 000 euros (12 100 dollars) doivent être déclarés.

D’autres religions en danger?

Si certains musulmans ressentent une nouvelle couche de stigmatisme, les autres religions françaises ressentent des dommages collatéraux. Le journal Le Monde a rapporté qu’ils étaient unanimes dans leur critique du traitement des associations religieuses, ce qui, selon les dirigeants, qu’une commission parlementaire ajoute des couches inutiles de travail, de surveillance et de suspicion pour toutes les confessions.

Le projet de loi vise également à mettre un terme à la délivrance par les médecins de certificats de virginité, à la pratique de la polygamie et au mariage forcé. Les médecins seraient condamnés à une amende et risqueraient une prison pour avoir fourni des certificats de virginité.

La loi comprend un article que le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti a appelé la «loi Paty», après la décapitation de l’instituteur Samuel Paty qui montrait aux élèves d’un cours d’éducation civique des caricatures du prophète. Cela crée un nouveau crime pour discours haineux en ligne dans lequel les détails personnels de quelqu’un sont publiés. Un réfugié tchétchène a décapité Paty après que des informations sur l’enseignant aient été diffusées en ligne.

Le débat parlementaire intervient après la défense par le président français du droit de produire ou de montrer de telles caricatures suite à la décapitation du professeur de l’école, une position de libre expression qui a bouleversé de nombreux musulmans à l’étranger. Cela a déclenché des manifestations dans plusieurs pays où la position de Macron était perçue comme anti-musulmane, ce que son gouvernement nie fermement. Un collectif international de groupes pro-musulmans a déposé une plainte le mois dernier auprès du Comité des droits de l’homme de l’ONU, accusant le gouvernement français «d’attitudes islamophobes».

(AP)

Funkmaster Flex défend les affirmations selon lesquelles Drake est un meilleur artiste que Jay-Z

Travis Scott souhaite à sa fille Stormi un joyeux 3e anniversaire en écrivant un joli poème