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Les députés français voteront sur un projet de loi «  anti-séparatisme  » pour lutter contre le radicalisme islamiste

Délivré le: 16/02/2021 – 08:17

Le parlement français vote mardi sur un projet de loi pour lutter contre l’extrémisme islamiste, qui, selon l’État, est nécessaire pour renforcer le système laïque, mais les critiques affirment qu’il viole la liberté religieuse.

En vue des élections de 2022, le président Emmanuel Macron a défendu le projet de loi qui vise à resserrer les règles sur des questions allant de l’enseignement religieux, de la haine en ligne à la polygamie.

Il a été débattu dans une atmosphère très chargée en France après trois attentats à la fin de l’année dernière par des extrémistes dont la décapitation en octobre du professeur Samuel Paty, qui avait montré à ses élèves des caricatures du prophète Mohammed.

La loi est surnommée le projet de loi anti-séparatisme, car les ministres craignent que les islamistes ne créent des communautés qui rejettent l’identité et les lois laïques de la France, ainsi que ses valeurs telles que l’égalité entre les sexes.

La France, qui abrite la plus grande communauté musulmane d’Europe, est toujours secouée par la succession de massacres commis par des militants islamistes à partir de janvier 2015 qui ont fait des centaines de morts.

La chambre basse de l’Assemblée nationale devrait voter sur le projet de loi dans l’après-midi après 135 heures de débats au cours desquelles quelque 313 amendements ont été adoptés.

Le parti au pouvoir de Macron dispose d’une large majorité de travail, ce qui signifie que la législation devrait être adoptée, mais le Sénat de la chambre haute examinera également le projet de loi dans les mois à venir et pourrait le modifier.

«Idéologie hostile»

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a déclaré à l’issue du débat final de samedi que le projet de loi « apporte des réponses concrètes au développement de l’islam radical, une idéologie hostile aux principes et aux valeurs sur lesquels la République est fondée ».

Le meurtre de Paty a entraîné l’inclusion des crimes spécifiques de discours de haine en ligne et de divulgation d’informations personnelles sur Internet qui pourraient être utilisées pour nuire à un travailleur du secteur public.

Paty a fait l’objet d’une campagne de haine en ligne lancée par un parent d’un enfant de son école qui s’opposait à ce qu’il montre les dessins animés du prophète.

En vertu de la loi, les médecins seront également condamnés à une amende ou à une peine de prison s’ils effectuent un test de virginité sur des filles, tout en étendant également les sanctions en cas de polygamie.

L’État aura également des pouvoirs bien plus importants pour fermer les lieux de culte qui diffusent «des théories ou des idées» qui «provoquent la haine ou la violence envers une personne ou un peuple».

L’un des articles les plus controversés concerne l’enseignement à domicile, les règles étant considérablement affinées pour exiger une autorisation officielle pour des raisons de santé ou de handicap pour que les enfants apprennent à domicile.

Mais pour l’opposition de droite Les Républicains (LR), le projet de loi ne va pas assez loin, notamment en ne restreignant pas le port du voile islamique dans des espaces comme les universités.

« C’est une petite loi sur un grand sujet », a déclaré le député LR Julien Ravier. La droite, qui a la majorité au Sénat, peut essayer de la durcir davantage lorsqu’elle entre à la chambre haute.

Près de 200 personnes ont manifesté dimanche à Paris contre le projet de loi l’accusant de « renforcer la discrimination à l’égard des musulmans ».

L’année dernière, un envoyé américain pour la liberté religieuse a critiqué le projet de loi comme étant « sévère » et il a suscité une couverture inhabituellement critique dans les médias anglophones, incitant même Macron à écrire personnellement au Financial Times pour le défendre.

Des analystes ont déclaré que Macron, arrivé au pouvoir en 2017 en tant que réformateur centriste, avait visiblement viré à droite au cours des derniers mois alors qu’il sentait que sa bataille pour la réélection présidentielle de 2022 se résumerait à un duel avec l’extrême droite du Rassemblement national ( RN) leader Marine Le Pen.

Darmanin a visiblement choqué Le Pen elle-même et surpris même ses propres collègues du parti en accusant Le Pen de «douceur» sur l’islam lors d’un débat jeudi soir.

Le Pen, qui a proposé d’interdire le voile dans tous les lieux publics en France, a déclaré lors du débat qu’elle était « déçue » par la portée du projet de loi.

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