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It’s a Sin (Canal+) : la meilleure série de Russel T. Davies est une chronique vibrante sur l’apparition du SIDA

La nouvelle série de Russell T. Davies débarque sur Canal+ ce soir, lundi 22 mars à 21h06. It’s a Sin commence par une ambiance de fête. Le créateur d’œuvres comme Years and Years et Queer as Folk ne perd pas de temps et nous plonge dans une séquence où l’on voit plusieurs jeunes homosexuels faire leurs valises pour rejoindre leur nouvelle vie à Londres. Les études, le travail, l’indépendance et la fête les attendent. Mais aussi le sida. C’est les années 80, l’époque du « cancer gay ».

La mini-série en cinq épisodes est visible à partir d’aujourd’hui sur HBO Espagne. Originaire de la chaîne britannique Channel 4, elle met en scène Olly Alexander, le leader de Years & Years que l’on a pu voir à la télévision dans Skins et Penny Dreadful. Ritchie, son personnage, arrive en ville prêt à manger le monde et à jouir de sa sexualité.

Il y rencontrera d’autres jeunes homosexuels, qui deviendront rapidement des amis (et même plus), partageant un appartement, des fêtes et d’autres expériences. Parmi eux se trouvent Roscoe (Omari Douglas), Colin (Callum Scott Howells), Ash (Nathaniel Curtis) et Jill (Lydia West), la seule fille du groupe. Alors qu’ils s’amusent, une maladie lointaine mais mortelle commence à se profiler à l’horizon.

La grande pandémie

En ces temps où nous sommes en attente d’une pandémie qui a paralysé la moitié du monde, il est indispensable de se rappeler qu’il n’y a pas si longtemps, c’est le syndrome d’immunodéficience acquise qui a dévasté la planète. Et il est bon de rappeler qu’il s’agit d’une maladie grave qui était taboue jusqu’à très récemment et, pire encore, qui semble être tombée dans l’oubli alors qu’il y a actuellement 38 millions de personnes infectées par le VIH.

C’est peut-être pour cela qu’il est inévitable de voir un parallèle entre les phases que traversent les protagonistes, en particulier le personnage de Ritchie -promis et légèrement dénégateur-, avec ce que nous avons vécu tout au long de 2020. D’un certain sentiment d’immunité parce que cela « touche les autres » à ce moment où l’on voit la faux se profiler à la porte et que le sujet n’est pas à prendre à la légère.

Ainsi, le ton festif des premiers épisodes s’effondre au fur et à mesure que la série progresse. Nous faisons la fête avec les garçons, nous les regardons forniquer en toute insouciance, nous les regardons lutter pour poursuivre leurs rêves respectifs. Mais nous sommes également témoins de ces lits d’hôpital branlants, de l’ignorance générale entourant la maladie, de l’intolérance (de la part de la famille), du tabou et de la désolation auxquels sont confrontées les personnes infectées.

De même que « Des années et des années » traitait d’un effondrement de la société du point de vue d’une famille, il s’agit ici d’un autre changement global – celui de la lutte contre cette maladie – raconté du point de vue d’une famille d’amis. Ils sont les témoins de l’époque, ils souffrent directement de ce qui se passe mais n’ont que peu de possibilités d’action.

Russell T. Davies au cœur de l’action

Et les avantages et inconvénients du magnifique Years and Years (qu’il est difficile d’ignorer avec Lydia West) se retrouvent également dans It’s a Sin. C’est Davies pour le meilleur et pour le pire. Et le mal n’est pas tant objectif que subjectif. C’est léger, c’est festif, mais c’est aussi dramatique. Et dramatique. La fin de chaque épisode est un coup de poignard. Un coup pour qu’on ne baisse pas la garde. Ni nous, ni les protagonistes.

Ce qui n’est pas nécessairement une mauvaise chose. Mais c’est de la triche, surtout si l’on considère que la série vous saisit déjà par son chant vibrant, la dynamique entre les personnages -excellente distribution, surtout Alexander et West- et une dramaturgie soignée. Cette marque de punch maison est ce vieux vice de chien de la télé dont Davies ne veut pas se débarrasser.

Malgré ses petites imperfections, It’s a Sin est une série presque complète. Tout, de la bande-son magnifique et évocatrice au casting inspiré, joue en sa faveur. Une exploration plus que remarquable d’un point très critique de l’histoire non seulement de la communauté gay mais aussi de l’humanité.

It’s a Sin est diffusé à 21h06 ce soir sur Canal+ et dispo en streaming sur myCANAL.

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